Les enfants et jeunes du Conseil Exécutif des Enfants (CEE/J) du village d’enfants SOS Abomey-Calavi ont lancé un appel fort en faveur de la protection des jeunes filles victimes de violences sexuelles. À travers un plaidoyer solennel adressé aux autorités de l’Arrondissement de Zinvié, ils ont dénoncé la pratique persistante du règlement à l’amiable des violences sexuelles, pourtant interdite par les textes en vigueur, et ont appelé à une mobilisation de tous les acteurs pour y mettre définitivement un terme.
Cette rencontre de plaidoyer s’est tenue le lundi 20 juillet 2026 à l’Arrondissement de Zinvié. Les enfants étaient accompagnés des responsables du village d’enfants SOS Abomey-Calavi. Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de l’engagement pris par les membres du CEE/J lors de la dernière Assemblée Générale du Conseil Exécutif National des Enfants, où ils avaient décidé de porter ce combat au niveau de leurs communautés.
Prenant la parole au nom des enfants, la représentante du Conseil Exécutif des Enfants, Florence, a rappelé que les violences sexuelles constituent des infractions graves qui ne sauraient faire l’objet d’arrangements privés au détriment des victimes.
« Les violences sexuelles contre les jeunes filles ne sont pas des affaires privées que l’on peut régler autour d’une table. Elles constituent des crimes qui doivent être dénoncés et traités par la justice afin de protéger les victimes et de prévenir de nouveaux cas. Nous demandons que chaque enfant soit écouté, protégé et que la loi soit appliquée sans exception. », a déclaré Florence.
Les enfants ont souligné que chaque règlement à l’amiable prive une victime de son droit à la justice, encourage les auteurs à récidiver et contribue à installer une dangereuse culture de l’impunité.
Ils ont également rappelé l’existence de l’arrêté pris par le Maire de la Commune d’Abomey-Calavi interdisant formellement tout règlement à l’amiable des cas de violences sexuelles. Malgré cette disposition, plusieurs situations continueraient d’être résolues en dehors du circuit judiciaire, au mépris des droits des victimes et des exigences de la loi.
Conscients du rôle déterminant des autorités locales dans le changement des comportements, les enfants ont sollicité l’implication directe du Chef de l’Arrondissement de Zinvié. Ils lui ont demandé de réunir les chefs de villages, les conseillers d’arrondissement, les leaders communautaires, les responsables religieux, les femmes leaders ainsi que les autres acteurs influents afin de renforcer la sensibilisation des populations sur cette problématique.
Touché par le courage et la maturité des enfants, le Chef de l’Arrondissement de Zinvié, Monsieur Gérard FALADE, a salué leur engagement citoyen et réaffirmé sa détermination à soutenir cette lutte.
« Le message porté par ces enfants est fort et mérite toute notre attention. Je m’engage à réunir les conseillers, les chefs de villages ainsi que les différents acteurs communautaires afin de renforcer la sensibilisation des populations. La protection des enfants est une responsabilité collective et les dispositions légales doivent être respectées par tous. », a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs rappelé que son arrondissement avait récemment conduit, en partenariat avec une organisation de la société civile, des activités de sensibilisation sur les droits de l’enfant, témoignant ainsi de son engagement en faveur de cette cause.
Les échanges ont permis de mettre en évidence qu’au-delà de l’application de la loi, c’est un véritable changement des mentalités qui demeure indispensable. Les participants ont insisté sur la nécessité pour chaque citoyen de refuser désormais toute forme de compromis avec les auteurs de violences sexuelles et de privilégier systématiquement le recours aux autorités judiciaires compétentes. En faisant front commun contre cette pratique, les communautés contribueront à réduire progressivement l’impunité et à mieux protéger les enfants.
Pour les enfants du village d’enfants SOS Abomey-Calavi, ce plaidoyer constitue un appel lancé à l’ensemble des pouvoirs publics, aux familles, aux leaders communautaires et à toute la société. Leur ambition est de contribuer à bâtir un environnement où chaque jeune fille est protégée, où ses droits sont pleinement respectés et où aucune violence sexuelle ne sera tolérée ni réglée en dehors du cadre légal.
À travers cette initiative, les enfants démontrent qu’ils ne sont pas seulement des bénéficiaires des politiques de protection de l’enfance. Ils sont également des citoyens engagés, capables de porter des messages forts, d’influencer les décideurs et de contribuer activement à la promotion des droits de l’enfant et d’une justice plus équitable.
Clôturant la rencontre, Monsieur Wilfried Aimé TCHIBOZO, Manager du village d’enfants SOS Abomey-Calavi, a exprimé sa reconnaissance envers les autorités pour leur disponibilité et leur écoute attentive.
« Nous avons la chance de rencontrer ceux que nous rencontrons aujourd’hui. La cause que défendent les enfants est une cause noble et mérite toute l’attention ainsi que le soutien des autorités. », a-t-il déclaré.
Prenant également la parole, Monsieur Nestor AGON, Secrétaire administratif de l’Arrondissement de Zinvié, a assuré les enfants de son engagement personnel.
« Je veillerai à ce que le message des enfants ne tombe pas dans les oreilles de sourds. », a-t-il promis. La rencontre s’est achevée dans une atmosphère de dialogue constructif et de compréhension mutuelle, avec l’espoir partagé que ce plaidoyer contribuera à renforcer l’application effective de la loi, à protéger davantage les jeunes filles victimes de violences sexuelles et à faire reculer durablement les règlements à l’amiable de ces crimes.




